
J’aime beaucoup me promener au bord de l’eau. Pas quand il fait beau, chaud et qu’il y a plein de monde, pas en plein été quand il faut partager un coin de paradis avec les autres. Non, j’aime me promener au bord de l’eau, quand le temps ni la saison ne s’y prêtent.
J’aime les sorties sous un ciel gris, fatigué, prêt à se laisser déborder par les nuages, quand la lumière se fait rare et oublie les promeneurs. Quand on est seul avec ses pensées et ses rêves éveillés.

J’aime marcher avec de la musique dans le casque, en bord de mer ou de rivière, sur cette voie réservée aux promeneurs et aux cyclistes. Mais je ne suis pas la seule.
Il y a les propriétaires de chien. Non je me trompe, il y a les chiens et leur maître. Les chiens aiment se promener, les maîtres pas toujours: lancer pour la énième fois un bâton souillé de salive…
Il y a les jeunes parents qui poussent d’énormes poussettes. Ils sont contents d’être là, parce que c’est dehors, parce que c’est calme et parce que bébé ne pleure plus, il dort enfin.
Les amoureux condamnés. Non pas qu’ils vont mourir dans l’immédiat mais parce qu’ils ne vont pas rester ensemble bien longtemps. Ils sont enlacés. Elle, le visage humide de larmes. J’imagine qu’il lui dit que leur amour est impossible, qu’elle est trop bien pour lui, qu’il l’aime mais qu’ils ne peuvent pas être ensemble. Et d’autres raisons qui ont du sens quand on a 20 ans, qu’on s’ennuie, qu’on veut coucher avec d’autres personnes mais qu’on ne sait pas comment l’exprimer. Ils restent là, face à l’eau, dans une étreinte maladroite. Lui compte les minutes, se demande quand il pourra se détacher de ses bras pour partir vers un autre amour feu de paille.
Les joggeurs. Mais eux sont dehors par tous les temps. Parce que les joggeurs sont des gens bizarres.
Les musiciens. Il y a souvent ce saxophoniste qui répète au bord de l’eau pour respecter la paix des voisins et ennuyer les poissons.

Et puis il y a des rêveurs comme moi, qui s’imaginent un instant sortis d’un roman de Jane Austen ou des soeurs Brontë. Mais qui savent aussi que c’est impossible puisque il n’y a pas de bord de mer ni de rivière dans leurs histoires et encore moins de k-way.

C’est à Bayonne?
oui au bord de la Nive, c’est l’ancien chemin de halage.
Tres bel album !
C est une belle promenade. L avantage avec les rêves c est qu ils s accommodent au paysage avec une facilité déconcertante !
Superbe, tu as tous les talents, écriture et photographie.
c’est trop gentil, merci