Il y a plusieurs semaines de ça, un article posté sur un blog ami parlait de l’amour selon l’équation d’Hal Hartley. En résumé: Respect + Admiration + Confiance = Amour.
J’ai beaucoup aimé cet article, j’ai trouvé l’équation intéressante et idéale sur le moment et… et… après quelque temps de réflexion, inexacte. Esprit de contradiction?! Moi?
Je sais que je ne sais rien. Je ne connais pas la formule idéale, sinon je serais mariée, heureuse et sereine dans une relation qui rendrait les autres jaloux ou rêveurs. Je sais aussi que chacun est différent, que chaque parcours et chaque personnalité rend une équation universelle impossible.

Sempé
Je pense cependant qu’il existe des éléments sans lesquels une relation amoureuse est impossible. (Je pense également que vous pouvez me contredire et penser différemment de moi).
La bienveillance. Parce que dans les moments où on est moins joli à l’intérieur ou à l’extérieur, où on se laisse aller à dire ou faire des choses dont on n’est pas fier, les jours où la honte est au menu, dans les instants de ridicule ou de mal être, la bienveillance de l’autre nous fait nous accepter et nous aimer malgré tout. Parce que là où l’admiration de l’autre pose des conditions et des expectations impossibles à tenir et satisfaire, la bienveillance, elle, permet la faute et l’imperfection. L’acceptation de l’autre sans condition.
La confiance. Parce qu’il est doux de ne jamais s’inquiéter des actions ou des pensées de l’autre. Savoir que l’on est aimé et que l’on aime même quand ce n’est pas facile. D’avoir la connaissance intime d’être un couple même dans les moments d’orage.

Sempé
L’humour. Parce que bon sang, c’est bien de rire ensemble. Parce que ce comportement réflexe, qui se manifeste par un enchaînement de petites expirations saccadées accompagné d’une vocalisation inarticulée plus ou moins bruyante, rend tout plus léger. Parce que rire ensemble est le meilleur signe de complicité et de valeurs partagées.
Je triche un peu en pensant que le respect est inhérent à la relation amoureuse. Et si cette équation me plaît, c’est parce qu’elle peut s’appliquer dans toutes mes relations. Avec mes amis, ma soeur, mes relations de travail et dans la vie sociale.
Un livre qui remet en question toutes les équations: Leçons de conduite d’Anne Tyler. D’une touche faussement légère, elle crée un portrait étonnamment réaliste, et finalement optimiste, du mariage. Un roman à l’opposé de La fenêtre panoramique de Richard Yates (Noces Rebelles au cinéma), où pourtant tout commence sur la base parfaite: une tolérance mutuelle qui va se transformer en ennui, violence et désespoir. Enfin et surtout, pour simplement rêver, sourire ou se moquer gentiment des amoureux de l’amour (je suis assez lucide pour savoir que j’en fais partie): Ames soeurs de Sempé. Regardez, la couverture est déjà un poème magnifique.

Et vous, quelle est votre équation idéale?
"Les jours où la honte est au menu, dans les instants de ridicule ou de mal être, la bienveillance de l’autre nous fait nous accepter et nous aimer malgré tout. Parce que là où l’admiration de l’autre pose des conditions et des expectations impossibles à tenir et satisfaire, la bienveillance, elle, permet la faute et l’imperfection. L’acceptation de l’autre sans condition."
C’est la définition parfaite d’aimer. Pas besoin de chercher d’autres facteurs, tu as défini ce qu’est aimer l’autre.
On a souvent peur de s’engager dans une relation parce qu’on sait qu’au début il y a souvent de l’admiration, on est dans la séduction, on se montre sous son meilleur jour. On sait que la relation va changer quand on se montre telle qu’on est avec nos défauts physiques et de caractère. On est dans un rapport de vérité et non pas dans un rapport de séduction. C’est bien.
Définition parfaite d’aimer
Merci mais non je ne crois pas. On aime tous mal, donc c’est juste une réflexion mais pas de prise de tête eh!
Oui. Il y a aussi la personne rêvée, imaginée, fantasmée et le choc avec la réalité. On pare souvent l’autre de toutes les qualités qu l’on souhaite qu’il ait et on est donc forcément déçu(e) quand les voiles de la séduction se déchirent
En tout cas je suis parfaitement d’accord avec toi sur le thème de la vérité. Ce qui me fait penser qu’il faudrait toujours aller au premier rendez vous amoureux ou à une soirée, dans sa tenue d’intérieur et sans maquillage. Je ne parle pas de la nuisette en soie qu’on garde pour les occasions mais le vieux t-shirt difforme, troué et tâché avec les cheveux d’avant shampoing et le cerne visible.
Et dire toutes les horreurs possibles et imaginables. Si l’objet de ton affection est quand même resté, c’est le gars à garder … ou c’est que je le vaux bien… ou c’est un désespéré…
Humm! Pas sûr que j’aimerais aller à un rendez vous avec une jeune femme dans cet état. Un peu de mystère est le bienvenue, même si Audrey et toi ont raison sur le principe de vérité. Du moins être vrai avec soi-même et l’autre.
Sinon je suis d’accord avec l’équation proposée et avec ta réflexion sur l’histoire de Noces Rebelles. Je te souhaite de tomber amoureuse mais de ne pas connaître la même fin tragique et horrible.
Quelle fin tragique pour April. Est-ce qu’il a jamais respecté ses promesses, leur rêve de départ. Il semble pris dans un engrenage et à aucun moment ne voudra l’entendre.
Je me plais à penser que Nathalie et moi-même sont proches de cette équation. Je l’ai rencontré et aimé presque immédiatement et pourtant elle n’était pas à son avantage. Je n’en dis pas plus parce qu’elle va me taper sur les doigts (avec respect).
Bon on attend que Nathalie commente et raconte?
La meilleure équation que j ai trouvée est d aimer l autre pour ce qu il est et non pour ce que l on voudrait qu il soit … Ce qui résout déjà un bon nombre de pb !
Comme tu l’écris "Je bougonne un peu pour la forme, mais au fond j’aime cet homme"
je préfère la première équation proposée: admiration + confiance + respect
C’est important d’admirer la personne que l’on aime. D’être épaté par elle. De l’aimer sans condition est la porte ouverte à la négligence et au laisser aller. J’ai envie de la trouver belle, intelligente et qu’elle ait du succès. Je comprends la bienveillance mais c’est aussi l’acceptation de l’inacceptable.
Je suis d’accord avec fabrice.
Finalement ici on parle de l’amour universel, et pas seulement en relation de couple. Dans cette relation, l’amour idéal ne serait-il pas finalement un couple qui outre une réelle et franche amitié, conserve e nplus du désir l’un pour l’autre, même en vieux tee-shirt troué et avec des cernes sous les yeux ?
Je ne trouve pas trop les mots… sans doute parce que je suis en train de vivre un truc avec lequel je vais devoir prendre du recul.
Néanmoins : confiance, admiration, respect.
L’humour va de soi.
C’est tout pour ce soir
J’ajoute : au jour de mon divorce après 20 ans de mariage, la confiance et l’admiration étaient baffouées, le respect toujours là.
Pourrais-tu nous mettre le lien du blog ami pour qu’on puisse voir la réthorique derrière l’équation?
Je viens seulement de voir ton commentaire! Oui Fred a raison. On s’accepte, on est bienvaillant l’un envers l’autre. Et on rit beaucoup ensemble. Il est mon meilleur pote dans les blagues, on se moque l’un de l’autre mais jamais pour faire passer des reproches. J’aime que notre relation soit une équation comme celle que tu as écrite.
C’est un article très bien et ton passage sur la bienveillance m’émeut
Et cette phrase aussi : Parce qu’il est doux de ne jamais s’inquiéter des actions ou des pensées de l’autre.
Je trouve que c’est tout à fait vrai. C’est très reposant d’avoir une confiance totale en l’autre, de savoir que même quand il est loin, je suis la seule femme qu’il veuille et qu’il n’ira pas voir ailleurs.
C’est bien d’avoir un commentaire aussi positif. *envieuse*