elle s’appelle Ruby… suite et fin

Je suis donc allée voir le film aujourd’hui et j’ai aimé. Voilà. J’ai vraiment aimé. C’est drôle, intelligent, tendre, léger, émouvant, noir, inquiétant, et humain. Est-ce que j’ai dit que c’était intelligent?

Je frémis à l’idée du même concept traité par les auteurs ados retardés de "l’école" Judd Apatow. Le film aurait été peut-être "amusant" mais les blagues misogynes sur les organes sexuels, les fluides corporels et l’anxiété de la performance se seraient succédées et la pauvre Ruby aurait été soumise à des expériences humiliantes.

Ici, rien de tout ça. La créature ne l’est pas. Elle est un être qui pense, qui vit, qui ressent et les deux membres de ce couple improbable sont traités avec le même respect et avec un humour qui reste au dessus de la ceinture. La scénariste est Zoe Kazan qui joue aussi Ruby et bon sang que je suis envieuse! C’est si joliment, délicatement et finement écrit. L’idée est bonne, la réalisation est bonne et le jeu des acteurs l’est aussi.

Mais même si on rit franchement dans la première partie, ce n’est pas qu’une comédie, c’est aussi un film avec des clins d’oeil à The eternal sunshine of the spotless mind (il y a du Clem en elle), à Harvey et aux premiers Woody Allen, Calvin –(joué par Paul Dano) aurait pu être un jeune Allen.  Il m’a fallu du temps pour réaliser qu’il était le gamin prédicateur dans There will be Blood et l’ado mutique dans Little Miss Sunshine.

Enfin et surtout, il y a du Charlie Kaufmann dans la deuxième partie du film avec des jeux intellectuels de plus en plus intenses, compliqués, rageurs et douloureux. La perte du contrôle. L’amour qui se transforme. Et la colère. Cette même colère que Joel vit si intensément et dont Clem est le réceptacle.

Enfin l’hommage final à L’attrape coeur ne peut que toucher les amoureux d’Holden. Bon allez, j’avoue, j’ai même eu les yeux un peu humides.

Je ne sais pas si ce film donne l’envie de tomber amoureux, parce que l’amour c’est vraiment très compliqué. Mais il donne certainement l’envie et le désir quasi physique d’écrire. Et de danser sur du Plastic Bertrand avec ou sans culotte.

Faut jamais rien raconter à personne. Si on le fait, tout le monde se met à vous manquer.

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12 réflexions sur “elle s’appelle Ruby… suite et fin

  1. Tu donnes envie de le voir plus que les critiques que j’ai lu dans les magazines depuis hier! J’ai vu la bande annonce aussi, c’est pas mal du tout mais on ne voit que le comique de la situation. Tant mieux s’il y a du drame aussi

  2. Murielle! You forgot another nod! Ruby Sparks, is surely a nod to Muriel Spark, whose novel The Comforters is about a woman who realises she is a character in a book. You, of all people, should know that.
    tbh i wish you’d write in english, it’s getting pretty tiring to use google translate and work out the missing bits :-)

  3. Je suis allée le voir ce soir! C’est super bien! La première partie du film est super drôle, c’est une vraie comédie: quand il la voit pour de vrai et les scènes avec son frère. Ensuite ça devient plus sérieux et la scène où elle devient sa marionnette est inquiétante. J’ai même cru qu’il allait la tuer. J’ai trouvé que c’était aussi un film sur aimer quelqu’un et le rendre libre pour qu’il soit heureux. Tu as raison quand tu dis qu’aimer c’est compliqué dans ce film. En tout cas je ne suis pas déçue :-)

  4. J’ai oublié de te dire que nous sommes allés voir Ruby. Il y a eu beaucoup de rires, des larmes et de la joie. La salle a aimé et nous encore plus. Merci pour la recommendation

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