les 10 règles d’écriture

Vous connaissez assurément Elmore Leonard.

E. Leonard par Joe Ciardiello

E. Leonard par Joe Ciardiello

Et vous connaissez peut-être ses 10 Rules of Writing. L’auteur s’amuse à proposer dix règles d’écriture, dix pièges dans lesquels ne pas tomber sous peine de perdre son lecteur en route. C’est bien. Lisez-les.

10 rules

En ce moment, je tâtonne, je cherche, je tombe dans tous les pièges du débutant et j’accumule les clichés. Alors je prends du recul, je vais voir ailleurs si j’y suis et je lis beaucoup. Surtout des auteurs que j’aime, des essais, des textes pour me débarrasser de mes tics et comprendre comment écrire. Je n’ai pas encore trouvé mes règles d’écriture. Mais peu importe, je continue, je découvre et j’apprends.

Et vous, avez vous trouvé votre voie/voix?

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levels of life

barnes

Le chagrin, dit-on, est le prix que vous payez pour l’intimité du bonheur. Le seul moyen d’éviter la douleur –  parfois tellement envahissante qu’on souhaite s’exclure entièrement de la vie – est d’éviter l’amour. Alors ne tombez jamais amoureux! Même si cela exige une perte encore plus grande.

Dans son nouveau livre, Levels of Life, Julian Barnes écrit sur son deuil et son chagrin mais aussi sur sa colère envers les proches qui n’ont pas le bon comportement face à la perte, qui agissent comme si son épouse n’avait jamais existé. Il écrit qu’il continue à avoir des conversations avec elle.

Il a envisagé le suicide – un bain chaud, un verre de vin et un couteau bien aiguisé. Mais surtout, il lui manque ce que les deux ont créé entre eux, la tapisserie d’une vie qui ne peut jamais être reproduite, "La perte de vocabulaire commun, tropes, taquineries, raccourcis … notes amoureuses … toutes ces références obscures riches en mémoire, mais sans valeur si expliquées à un étranger…"

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horas non numero nisi serenas

Pâques célèbre le retour remarquable à la vie. Ce qui est formidable si on croit à tout ça. Pour ma part c’est un week end moins spectaculaire, pas de cierges, pas de chocolat et pas de miracle. C’est un week end tranquille avec une jolie balade du coté de St-Jean-Pied-de-Port et le vernissage de la galerie fabrikagarazi.

Donc le Carême est terminé et l’innocence est retrouvée. Et je me suis demandé quels autres personnages, à part Jésus-Christ, avaient été ramenés à la vie dans la littérature.

Forcé par sa fan numéro 1, Annie Wilkes, Paul Sheldon ressuscite Misery Chastain. Droguée, elle se réveillera quand elle est enterrée.

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lumière du Moyen Orient

J’aime beaucoup les expos de photos. J’ai rarement manqué l’expo des word press qui est ce qu’il y a de mieux sur le photo-journalisme. Et pourtant je sais combien une photo est rarement objective. C’est une force d’expression puissante et le moyen le plus immédiat de montrer une réalité. Mais quelle réalité?

C’est ce que montre l’exposition tenue au Victoria & Albert Museum sur le Moyen Orient. Et d’expliquer comment les artistes et journalistes cherchent un langage et une technique dans la photograhie. C’est ainsi qu’est expliqué l’approche de ces photographes contemporains. La photographie est à peu près aussi vieille que l’expérience de l’oppression coloniale dans la plupart de ces pays : ce mode de représentation le plus puissant était le don des infidèles, et on peut encore détecter l’odeur de la transgression qu’elle a eue dans les premiers jours.

Certains utilisent la caméra afin d’enregistrer ou de témoigner, tandis que d’autres renversent ce processus afin de révéler le manque de fiabilité que peut avoir une photographie. Les travaux présentés vont de photographies documentaires à des tableaux d’images très organisés et manipulés au-delà de la reconnaissance. La variété des approches est naturelle et logique tant elle est liée à la complexité d’une région vaste et diversifiée.

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deux choses

Il y a plusieurs lunes de cela, un ami m’a parlé du jeu des deux choses "inventé" par un économiste américain. Pour chaque sujet, il y a seulement deux choses que vous avez vraiment besoin de savoir. Tout le reste est l’application de ces deux choses, ou n’a tout simplement pas d’importance.

Depuis ce soir-là, j’ai joué le jeu. Chaque fois que je rencontre quelqu’un qui appartient à une profession différente qui m’intéresse ou qui sait quelque chose sur un sujet avec lequel je ne suis aucunement familière, je pose la question des deux choses.

Les deux choses au sujet des deux choses:

1. Les gens aiment jouer le jeu des deux choses, mais ils sont rarement d’accord sur ce que les deux choses sont.
2. Cela devient le jeu des quatre choses pour quiconque travaille avec des ordinateurs.

Alors… dites moi deux choses sur votre métier ou sur un sujet que vous maitrisez.

Je commence:

Littérature

  1. Il y a seulement 12 thèmes dans la littérature
  2. La réponse à tous ces thèmes est l’amour

 

 

réflexion légère sur la colère ou ira furor brevis est

"Tu devrais essayer plus souvent". Ce n’est pas faute d’avoir entendu cette phrase. Et pourtant, impossible de me mettre en colère. Ou plutôt si, c’est possible mais je ne le fais pas. Tout le monde peut se mettre en colère, c’est facile. Aristote disait  qu’il était facile de se mettre en colère, mais être en colère avec la bonne personne, dans une bonne mesure, au bon moment, pour les bonnes raisons et d’une bonne façon, ceci n’est pas n’est pas si facile.

J’ai toujours eu cette idée compliquée qu’être en colère était le mélange entre une réaction exagérée et une réponse nécessaire face à une injustice. Un duel au sommet du genre Senèque vs Rousseau… Contradictoire, moi?

Récemment dans des circonstances très différentes, j’ai eu des raisons de me mettre en colère face à des idées fausses, des jugements à l’emporte pièce et des comportements égoïstes, égocentriques voire immatures. Plusieurs fois j’ai été agacée par ces comportements et réflexions déplacées au point de penser "mais pour qui il/elle se prend pour dire/faire ça?!" Et de me demander pourquoi je ne rendais pas la pareille. Après tout, moi aussi je pouvais sous l’empire de la colère ou sous le prétexte de la franchise, blesser la personne qui m’avait blessée et rendre "coups pour coups". Parce que je même si je sais trouver les failles, voir ce qui ne va pas et toucher où ça fait mal, avec avec ma fierté mal placée, et en suivant l’exemple d’un personne que j’admire, je prends une position que j’estime plus digne, ce que les anglais appellent the "taking the moral high ground".

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porter l’éléphant

Je vais vous parler de Michael Rosen et de ses livres. Michael Rosen est un poète et un auteur pour enfant, anglais, né d’un père d’origine américaine et d’une mère anglaise. Les grand-parents étaient issus de familles juives de Russie, Pologne et Roumanie. Il a de cette culture bigarrée, un humour subtil et absurde, une dignité incroyable et une mélancolie à fleur de peau.

Il y a quelques années de cela, Rosen a perdu son fils agé de 18 ans d’une méningite. Sa mort l’a plongé dans la dépression ce qui ne l’a pas empeché d’écrire deux livres formidables:

Carrying the Elephant: A Memoir of Love and Loss et Quand je suis triste.

Le premier n’est pas traduit en français, ce qui est dommage. Porter l’éléphant est tiré d’une carte postale ancienne que Rosen a acheté en France après la mort de son fils: "C’était moi sur cette image, je portais l’éléphant". Si vous lisez l’anglais je ne peux que vous conseiller de lire ce recueil de poésie.

Le second est un album pour les enfants. Pour expliquer ce qu’est la tristesse. Pour la respecter mais aussi la dédramatiser. Pour la rendre accessible.

Rosen-Blake

Ça commence par une image très drôle de Michael Rosen dessinée par Quentin Blake. Il a un sourire très drôle, sur un visage très drôle.

Quentin Blake

Quentin Blake

Bien sûr, on sourit nous aussi, jusqu’à la lecture de ces quelques mots:

Sur cette photo, je suis triste. Vous pourriez croire que je suis heureux. En vérité, je suis triste, mais je fais semblant d’être heureux. Je fais semblant parce que je crois qu’on ne m’aimera pas si j’ai l’air triste. Lire la suite

bien parler

Jodie Foster

C’est quelque chose de considérablement difficile de faire un discours qui soit à la fois bien écrit et émouvant. C’est ce qu’a réussi à faire Jodie Foster aux Golden Globes. Ce qui est frappant, ce n’est pas tant le contenu de son discours mais le contrôle et la délicatesse avec laquelle elle l’a délivré.

L’art de la rhétorique est, au fond, la relation entre un celui qui parle et un public. En venant chercher son prix, elle ne prenait pas de risques, elle était parmi ses pairs, la plupart l’aime et est de son coté. Mais elle a fait quelque chose de plus. Elle a fait un discours que l’on peut trouver émouvant, politique et autre mais aussi et surtout elle a fait un discours de professionnelle.

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réflexion légère sur le moment présent, cinq livres et une chanson…

C’est la nouvelle année, les cartes de voeux, les e-mails reçus toute cette semaine me le confirment. Un nouveau départ semble tout à coup possible. Et ce fantasme de repartir de zéro – de rencontrer de nouvelles personnes, de changer d’endroit et pourquoi pas de vie. Une vie comme une vieille voiture de caractère, abimée, un peu cabossée, avec la peinture délavée, la carosserie rayée et les fenêtres qui bloquent. Et l’envie d’en changer même si elle roule encore.

Le fantasme de recommencer est universel. Les mots les plus puissants dans le lexique des publicitaires sont "Nouveau!" et "Amélioré!". On parle de detox, de purification, de régime comme si tout cela pouvait régénérer nos organes, os et muscles.

Je me demande si on peut aussi regénérer sa vie, ses amours et ses emmerdes. Est-ce qu’on peut vraiment leur donner un nouveau départ? Ou est-ce que tout est seulement une inflexion sur un modèle existant depuis longtemps? Je ne sais pas.

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ce que j’ai appris de 2012

mettre des étagères haut placées n’était pas une si bonne idée quand on est petite comme moi

dans les moments de doute, le dire et écouter les idées des autres

toujours mettre deux sachets de thé dans la théière et verser le lait en premier dans la tasse

toutes les bonnes choses ne viennent pas dans la jeunesse

le Pays Basque n’est pas si mal pour poser enfin ses bagages

utiliser les enfants comme thérapie; rien n’est mieux qu’un enfant pour être dans le moment, pour vivre l’instant présent et oublier le reste

remercier sa bonne étoile pour les amitiés nouvelles et les rencontres formidables faites cette année, en ligne et dans la vraie vie

être soi-même, tout le temps

quand quelqu’un vous dit que vous avez de la chance, acquiescer poliment sans dire qu’il y a eu aussi beaucoup de souffrance, de chagrin et du travail

la vie est injuste, accepter, changer ce qui peut l’être et continuer malgré tout

personne ne peut lire dans les pensées: parler, écouter, parler et encore écouter est la clé

ce que je sais est muable, ridicule et superficiel

il y a rarement un point final