all the world is a stage

Chaque aspiration de la vie humaine, qui se résume principalement à perdre du poids et ne pas mourir, a un livre qui lui est dédiée. La plupart du temps, ce livre pourrait se réduire à un seul paragraphe mais comme personne ne paierait 9,99 euros pour un conseil qui prendrait moins de temps que l’intro musicale de Staying Alive, ce conseil est distillé dans des centaines de pages déguisées en une formule magique soi-disant assez facile à suivre. Mais est-ce qu’on souhaite vraiment être conseillé. Souvent les meilleurs conseils sont des observations faites presque en passant.

En ce moment je cherche la formule parfaite du dialogue. Celui qui ne ressemble pas à un mauvais scénario de série télé, plutôt celui qui se veut un véritable échange.
Mon ami m’a dit qu’un dialogue était deux monologues qui se battaient. Ce qui est souvent vrai. Après tout, tout le monde est tout le temps en train de penser à soi même. C’est presque impossible de vraiment penser à quelqu’un d’autre, encore moins de l’écouter.

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réflexion pas si légère sur l’amour, la connaissance et la culpabilté

L’attaque du marathon de Boston a fait trois morts. Plus un quatrième: Tamerlan Tsarnaev. Il  y a aussi un jeune homme qui sera peut être mort une fois que le processus judiciaire sera déployé: Dzhokhar Tsarnaev. On pleure rarement les perpétrateurs parce que leurs actions effacent notre sympathie. C’est normal. Mais la mort d’un criminel affecte aussi d’autres personnes, sa famille et ses amis.  L’attention des médias s’est tournée depuis plusieurs jours vers Zubeidat Tsarnaeva, la mère des deux jeunes hommes, et le spectacle de son chagrin est devenu populaire sur le web. "Ce qui s’est passé est une chose terrible, mais je sais que mes enfants n’ont rien à voir avec cela», dit-elle . «Je sais: je suis [leur] mère».

Tsarnaeva semble avoir aimé son fils, mais il semble peu probable qu’elle le connaissait. L’amalgame entre l’amour et la connaissance est parmi les erreurs les plus fréquentes de l’amour parental, voire même de toutes les relations. Parce que nous nous consacrons inconditionnellement à nos enfants, nous supposons maladroitement que nous pouvons voir ce qui se passe à l’intérieur de leurs esprits.

L’amour des parents est aussi aveugle que l’amour romantique, et obscurcit souvent les failles les plus graves et les deux questions qui sont étroitement imbriquées. La question de la connaissance et la question de la culpabilité. Qu’un parent sache ou pas ce que son enfant a fait, est finalement peu important parce que la plupart du "public" pense que le parent est certainement responsable – coupable – de ce que son enfant est devenu.

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un pipi et au lit

Le Moniteur de Contraception Clearblue est une méthode de contraception naturelle qui fonctionne en harmonie avec votre corps. Simple d’utilisation, elle n’entraîne aucun effet secondaire, ni ne suppose la prise de médicaments.

Elle fonctionne en relevant l’évolution des concentrations d’hormones dans votre urine afin d’identifier les jours de votre cycle menstruel pendant lesquels vous risquez de tomber enceinte suite à des rapports sexuels non protégés. 

Ce texte peut être lu ici sur le site de la compagnie SPD Swiss Precision Diagnostics GmbH. Il y a aussi une pub à la télé.

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ding-dong

Ding-dong the witch is dead de Judy Garland est dans le top 10 des hits cette semaine en Angleterre. Facile à comprendre pourquoi. Thatcher est morte dans un lit au Ritz. "Enfin" dirons certains, "trop tard" ajouteront-ils.

Je sais que certaines personnes pensent que la célébration de sa mort est moche et de mauvais goût, mais c’est loin d’être aussi dégréable et de mauvais goût qu’enlever aux gens leurs moyens de subsister et leur dignité, d’écraser l’espoir et l’avenir de millions de personnes, de détruire des communautés, de niveller par le bas, de délibérément garder une large partie de la classe ouvrière au chômage, de favoriser les instincts les plus égoïstes et les plus bas d’un petit pourcentage de la population, de complètement visser la situation du logement au Royaume-Uni, de convertir les services publics en propriété privée pour quelques individus sélectionnés, de mener des guerres pour gagner des votes, d’utiliser la police comme une milice de l’État, de traiter ses opposants et combattants de la liberté de «terroristes», de se lier d’amitié avec les dictateurs et les pédophiles…

Parler de Thatcher comme de la première femme politique féministe en Angleterre est également de mauvais goût. Ce n’est pas mon idée d’un exemple de féministe. Il y avait de nombreuses femmes politiques de haut niveau avant Thatcher. Les gouvernements travaillistes d’après-guerre pouvaient se vanter d’avoir Jennie Lee (ministre) et Barbara Castle (qui a contribué à la mise en œuvre de la législation pour l’égalité salariale pour les femmes). Modèles beaucoup plus réussis, ces femmes politiques ont réellement fait quelque chose de bon pour le pays. Alors que je ne pense pas qu’être calculatrice et impitoyable sont des caractéristiques à célébrer dans les deux sexes. Arriver en haut de l’échelle en devenant premier ministre et en repoussant l’échelle pour être la seule femme dans un gouvernement est loin d’être un acte féministe.

Enfin, je ne vois pas pourquoi des êtres humains en colère qui ont vu leur famille privée de leurs droits, doivent montrer respect et dignité dans ce contexte. Je ne crois pas qu’une célébration de la mort de Margaret Thatcher s’oppose à une prise de conscience de son héritage dans la politique toute aussi horrible du gouvernement actuel ou un intérêt à s’opposer à celle-ci de façon active et constructive.

Ding-dong the witch is dead!

il faut viser la tête

Les films de zombies sont comme les sandwiches ou les jeux olympiques; chaque nation doit avoir le sien. Depuis la renaissance néo-zombie sérieusement commencée par Danny Boyle et ses 28 jours plus tard , nous avons eu les zombies américains Zombieland (qui est aussi un des meilleurs films qui se moque des valeurs culturelles de l’Amérique d’aujourd’hui), et le retour de George A Romero, les zombies rigolos londoniens de l’excellent Shaun of the Dead, les zombies espagnols REC,  les zombies serbes Zone of the Dead et les zombies cubains Juan of the Dead. Depuis peu il y a également Warm Bodies.

Mais surtout… il y a The Walking DeadLa saison 3 vient de se terminer et ça me manque déjà.

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The Walking Dead est une série télévisée d’horreur américaine, adaptée par Frank Darabont et Robert Kirkman, créateur de la bande dessinée éponyme.

L’histoire en quelques mots: Rick Grimes, un shérif, découvre après un long coma que la quasi-totalité de la population a été transformée en zombies – les walking dead.

Je vais vous épargner des pages de pourquoi j’aime vraiment énormément The Walking Dead. (désolée nethic). Les acteurs sont formidables, les zombies aussi, il y le bon dosage de pathos et d’horreur, tout est bien.

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réflexion légère sur l’écriture… et un livre

BLOG

Je lis parfois sur wordpress les "prompt" qui donnent aux blogueurs/wannabe écrivains des pistes d’écriture et des idées pour écrire plus et mieux. Il y a quelque jours le prompt était d’écrire sur quelqu’un de son entourage à la 1ere personne. Et d’inclure le maximum de détails physiques, psychologiques, etc.

Se mettre dans la peau de quelqu’un que l’on connait, ça me plaît. Il suffit d’un peu d’empathie et le sens de l’observation. Mais après avoir passé en revue plein de personnes, je n’ose pas citer les noms, je n’ai pas réussi l’exercice. Je n’ai pas su le faire malgré la matière.

Ecrire en s’inspirant des autres, de leur vie, de leur pensées ou de soi-même, apporter quelque chose de personnel dans une histoire fictionnelle est facile. Ecrire en étant quelqu’un d’autre qui existe, en disant "je", c’est prendre le risque d’être subjective, maladroite et peut-être injuste. Parce qu’écrire en étant un autre c’est aussi écrire sur ce qui ne va pas. Sur les travers que l’autre souhaite cacher et qui se dévoilent malgré soi. Ecrire en étant un autre, c’est laisser libre cours au coté plus obscur.

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Oculis magis habenda fides, quam auribus

Le problème avec le mensonge c’est qu’il ne peut jamais être vraiment fabriqué.  C’est la scène trop familière de l’adolescence, quand vos parents vous demandaient où vous étiez et vous marquiez une pause – une seconde de trop – parce que vous cherchiez une réponse. C’est pourquoi les piqûres de vérité font souffrir.  Quand les gens vous mentent, ils vous donnent cette seconde pour se préparer mais la vérité, elle, est automatique. Elle fait plus mal parce que vous n’avez pas le temps d’anticiper la phrase à venir et les émotions viennent d’un endroit plus profond, plus fragile.

Le dernier homme politique surpris à mentir (celui dont on parle tant en ce moment) dit sur son blog: Penser que je pourrais éviter d’affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J’affronterai désormais cette réalité en toute transparence.

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un bien beau métier

Ahhh le journalisme. Celui des têtes bien connues, toujours les mêmes, celles que l’on voit autour de tables bien modernes sur les plateaux de télé bien lumineux, en public ou pas. Ceux qui se pensent dans l’intelligensia, ceux qui savent mieux que les autres, ceux qui définissent le métier de journalisme à leur façon, le cul sur le fauteuil et avec quelques effets de manche (applaudissements du public SVP), ceux qui manient la mauvaise foi avec un aplomb incroyable. Ceux qui préferent le confort du copinage avec le pouvoir (quel qu’il soit) plutôt que la recherche de la vérité.

Et il y a les autres. Ceux qui veulent informer, malgré tout.

Et de méditer les paroles de Plenel: Il faut s’interroger sur ce mensonge avec la complicité du monde politique et médiatique", a estimé Edwy Plenel interrogé par l’AFP. "Il faut s’interroger sur ce qui s’est passé pendant ces quatre mois, sur ce retour de boomerang qu’avait prévu Mediapart, le monde politique et celui des médias doit se poser la question", a-t-il ajouté. "A Mediapart nous n’avons jamais douté de nos informations", a encore dit Edwy Plenel, ajoutant: "ce qui fait le malheur de la démocratie ne rend pas heureux les journalistes".

Journalisme : activité qui consiste à recueillir, vérifier, ou commenter des faits pour les porter à l’attention du public dans les médias en respectant une même déontologie du journalisme, reposant sur la protection des sources d’information, du correspondant de guerre au journalisme d’investigation…

le temps qui reste

J’ai vu une femme la semaine dernière qui est assez typique de mes clientes de fin de journée. Elle avait certainement fait les cent pas devant ma porte, peut-être fait le tour du pâté de maison plusieurs fois avant de trouver le courage d’entrer.

Elle avait perdu son mari il y a deux ans et m’a avoué qu’elle se sentait pire que jamais. Elle ne croyait pas en l’au-delà et je n’ai pas tenté de la convaincre du contraire.

Comme de nombreux clients, elle me payait pour la faire se sentir mieux pendant quelques minutes. Elle m’a demandé si son mari était heureux et si elle lui manquait. Je l’ai regardé emmitouflée dans son manteau, épuisée, et j’ai voulu lui dire qu’elle le reverrait bientôt, et qu’elle devait  profiter du peu de temps qui lui restait.

Quand elle était entrée j’avais éprouvé un sentiment soudain de lourdeur. Je ressentais très fortement que quelque chose de mauvais allait lui arriver. Il y a des années, quand j’ai commencé, je voulais essayer de donner un avertissement voilé sans trop alarmer, mais c’était pénible pour les gens, bien sûr. Maintenant, même si je voyais la maladie ou le malheur, je me taisais. J’ai accepté que ce n’était pas mon rôle. J’étais là pour réconforter.

Alors je lui ai suggéré de joindre un club de randonnées, lui ai dit qu’il voulait la voir sourire à nouveau, et que la bague qu’elle avait perdue était dans le jardin, sous le rosier.

sur la solitude … et des livres

The derelict house- L.S Lowry

C’est quand il est tombé malade qu’il s’est rendu compte combien il était seul. Plusieurs jours sans visiteurs, personne pour se soucier de lui, passer à l’improviste pour lui apporter une soupe ou voir s’il avait besoin de quelque chose. Il a compris ce jour là que la proximité physique avec ceux qu’il aimait ne changeait rien. Il était seul.  Comme c’était agaçant de demander de l’aide ou de l’attention! Et humiliant. Il ne voulait plus demander. Il croyait que si on aimait quelqu’un on n’attendait pas qu’il demande de l’aide. On faisait les premiers pas, quitte à faire le forcing. Il avait tort, probablement…

C’était comme ça sa solitude. Étranger sur la terre, étranger à soi-même et aux autres…

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