ding-dong

Ding-dong the witch is dead de Judy Garland est dans le top 10 des hits cette semaine en Angleterre. Facile à comprendre pourquoi. Thatcher est morte dans un lit au Ritz. "Enfin" dirons certains, "trop tard" ajouteront-ils.

Je sais que certaines personnes pensent que la célébration de sa mort est moche et de mauvais goût, mais c’est loin d’être aussi dégréable et de mauvais goût qu’enlever aux gens leurs moyens de subsister et leur dignité, d’écraser l’espoir et l’avenir de millions de personnes, de détruire des communautés, de niveller par le bas, de délibérément garder une large partie de la classe ouvrière au chômage, de favoriser les instincts les plus égoïstes et les plus bas d’un petit pourcentage de la population, de complètement visser la situation du logement au Royaume-Uni, de convertir les services publics en propriété privée pour quelques individus sélectionnés, de mener des guerres pour gagner des votes, d’utiliser la police comme une milice de l’État, de traiter ses opposants et combattants de la liberté de «terroristes», de se lier d’amitié avec les dictateurs et les pédophiles…

Parler de Thatcher comme de la première femme politique féministe en Angleterre est également de mauvais goût. Ce n’est pas mon idée d’un exemple de féministe. Il y avait de nombreuses femmes politiques de haut niveau avant Thatcher. Les gouvernements travaillistes d’après-guerre pouvaient se vanter d’avoir Jennie Lee (ministre) et Barbara Castle (qui a contribué à la mise en œuvre de la législation pour l’égalité salariale pour les femmes). Modèles beaucoup plus réussis, ces femmes politiques ont réellement fait quelque chose de bon pour le pays. Alors que je ne pense pas qu’être calculatrice et impitoyable sont des caractéristiques à célébrer dans les deux sexes. Arriver en haut de l’échelle en devenant premier ministre et en repoussant l’échelle pour être la seule femme dans un gouvernement est loin d’être un acte féministe.

Enfin, je ne vois pas pourquoi des êtres humains en colère qui ont vu leur famille privée de leurs droits, doivent montrer respect et dignité dans ce contexte. Je ne crois pas qu’une célébration de la mort de Margaret Thatcher s’oppose à une prise de conscience de son héritage dans la politique toute aussi horrible du gouvernement actuel ou un intérêt à s’opposer à celle-ci de façon active et constructive.

Ding-dong the witch is dead!

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un bien beau métier

Ahhh le journalisme. Celui des têtes bien connues, toujours les mêmes, celles que l’on voit autour de tables bien modernes sur les plateaux de télé bien lumineux, en public ou pas. Ceux qui se pensent dans l’intelligensia, ceux qui savent mieux que les autres, ceux qui définissent le métier de journalisme à leur façon, le cul sur le fauteuil et avec quelques effets de manche (applaudissements du public SVP), ceux qui manient la mauvaise foi avec un aplomb incroyable. Ceux qui préferent le confort du copinage avec le pouvoir (quel qu’il soit) plutôt que la recherche de la vérité.

Et il y a les autres. Ceux qui veulent informer, malgré tout.

Et de méditer les paroles de Plenel: Il faut s’interroger sur ce mensonge avec la complicité du monde politique et médiatique", a estimé Edwy Plenel interrogé par l’AFP. "Il faut s’interroger sur ce qui s’est passé pendant ces quatre mois, sur ce retour de boomerang qu’avait prévu Mediapart, le monde politique et celui des médias doit se poser la question", a-t-il ajouté. "A Mediapart nous n’avons jamais douté de nos informations", a encore dit Edwy Plenel, ajoutant: "ce qui fait le malheur de la démocratie ne rend pas heureux les journalistes".

Journalisme : activité qui consiste à recueillir, vérifier, ou commenter des faits pour les porter à l’attention du public dans les médias en respectant une même déontologie du journalisme, reposant sur la protection des sources d’information, du correspondant de guerre au journalisme d’investigation…

de beaux objets…

La semaine dernière, Alex Bilmes, l’éditeur d’Esquire, s’est fait remarqué par le contenu de son discours donné au cours de la semaine de la publicité à Londres.

Sur le thème du féminisme (sourire las), il a expliqué que le magazine ne mettait que des photos de femmes comme objets de décoration, de la même façon qu’il  ne proposait que des photos de voitures cools.

ceci n'est pas une femme

ceci n’est pas une femme

Bilmes a déclaré que la politique de son magazine était "plus honnête" que celle de l’industrie des magazines féminins qui, selon lui perpétuait une image négative de la femme. Il a ajouté que les femmes n’étaient que des objets et qu’il mentirait s’il disait qu’il était intéressé par leurs cerveaux.

ceci n'est pas une femme

ceci n’est pas une femme

Il a également insisté sur le fait qu’Esquire était, en fait, "moins rigide" dans sa représentation de la femme que les magazines féminins. "Nous sommes plus ethniquement diversifié, avec des formes diverses", a-t-il dit. "Dans les magazines de mode les femmes sont beaucoup plus minces. Nous avons des femmes âgées, 40 ans" Il a poursuivi en citant l’exemple de l’actrice Cameron Diaz, en tant que femme agée…

Je ne sais pas s’il faut en rire ou en pleurer. Oui, c’est clair que Bilmes est honnête et a même un peu raison. Esquire est "plus honnête" que de nombreux titres, si on prend comme exemple un journal utilisant une photo de Naomi Campbell pour illustrer un article financier parce qu’elle a fait une fois son shopping chez Marks & Spencer. Il a raison sur la responsabilité de la presse féminine et la publicité dans la perpétuation des stéréotypes négatifs et des femmes. ELLE, Grazia et cie font beaucoup de tort aux femmes.

Mais quand il explique que si les hommes hétérosexuels voient parfois les femmes en trois dimensions (mère, soeur, fille, épouse), ils veulent aussi regarder des femmes parce qu’elles sont sexy. Et là, je suis moins d’accord. Eh oui, encore une fois cette dichotomie de la femme : d’un coté la mère, etc, que l’on "respecte" et de l’autre la femme objet.

Il n’y a aucune raison de penser que parce qu’un homme trouve une femme sexy, il est obligé de la considérer comme un objet à utiliser, à la place d’un autre être humain. C’est la femme vue comme poupée gonflable… Alors que c’est tellement plus "sain" et intelligent de fantasmer sur des choses à faire avec une femme que sur des choses à faire à une femme. Pourquoi mélanger ce qui est de l’ordre du sexy avec l’objectification?

Je sais que l’article suivant est en anglais (encore!) mais il suffit de regarder les photos pour comprendre qu’il y a quelque chose de fondamentalement tordu et pervers plus proche de la paraphilie que du sexy chez ceux qui les ont créées : Sexual objectification

Et allez jeter un coup d’oeil sur le site de l’artiste Mariel Clayton qui détourne le mythe Barbie avec beaucoup de talent (attention pas pour tous les yeux…)

amen

Magdalene_Laundries

L’État irlandais a finalement dit désolé aux femmes et jeunes filles incarcérées dans des blanchisseries catholiques dirigées par l’Église où elles ont été traitées comme des esclaves. Environ 30000 femmes y furent envoyées entre 1922 et la fin des années 80. Leurs seuls torts étaient parfois simplement d’être issues de foyers brisés, d’avoir été violées (parfois par un prêtre) ou d’être mères célibataires.

Le premier ministre Enda Kenny a été contraint à présenter ses excuses mardi soir à celles qui furent détenues dans les blanchisseries Magdalene en Irlande. Si vous ne connaissez pas ce scandale, il y a un film formidable réalisé par Pete Mullan The Magdalene Sisters

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la semaine dernière

?

J’ai vu des choses qui ont m’ont rendue encore un peu plus cynique. J’ai vu plus de carcasses d’animaux que j’aurais voulu et j’ai vu des météorites tomber du ciel en faisant plus de bruit que l’explosion d’Hiroshima.

En tant que fan d’histoires cauchemardesques, films catastrophes et autres histoires de zombies, j’ai eu du  « plaisir » à regarder les infos en continu. Enfin pendant quelques minutes… Jusqu’à ce que je me souvienne que tout cela arrivait pour de vrai.

D’abord il y a eu le scandale des chevaux mangés sans le savoir. Scandale international avec une « viande » qui a certainement voyagé et accumulé plus d’air miles qu’Elton John et David Beckham réunis.

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la délicatesse

Grrrrr. Ça y est, voici la "colère" de la semaine. Grâce à film médiocre qui me donne raison, une nouvelle fois, de penser que les français ne savent pas faire des comédies romantiques intelligentes.

La preuve avec La délicatesse. Recommandé par plusieurs d’entre vous, on s’est enfin décidé à le voir hier soir. Quelle erreur! On aurait mieux fait de regarder la peinture sécher sur les murs.

L’histoire: Nathalie a perdu son mari il y a trois ans. Hantée par le souvenir, elle se réfugie dans le travail et semble avoir mis un terme à sa vie sentimentale. Elle rejette tous les hommes, y compris son séduisant patron. Son entourage s’inquiète. Pourtant, un jour, sur un coup de tête, elle embrasse Markus, un collègue de travail, qui n’est même pas beau garçon. L’événement aurait pu être sans lendemain. Mais de fil en aiguille, Markus s’attache à la fragile Nathalie, tandis que cette dernière s’adoucit au contact de cet être un peu gauche. Markus et Nathalie suscitent rapidement les interrogations de leurs collègues, puis leur franche désapprobation…

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sexy et féministe

Oh, encore une couverture de GQ avec une femme célèbre, talentueuse et avec le minimum syndical de tissu sur son joli corps. J’avais déjà été très très déçue par Kirsten Wiig (comédienne) qui avait besoin de prouver que non seulement elle avait du talent mais aussi qu’elle était sexy en posant en lingerie.

Au tour de Beyonce, qui dans un interview au 1er degré, se plaint que ce soient les hommes qui définissent ce qui est sexy tout en posant presque nue dans sept photos, dont une sur la couverture où elle est vêtue d’une culotte et d’une chemise si minuscule que ses seins sont visibles. Oh l’ironie…

Ces photos ont d’ailleurs été prises par Terry Richardson, le photographe au succès américain déconcertant, un homme avec un penchant pour des photos très sexualisées de femmes et qui a été accusé à plusieurs reprises d’exploitation sexuelle sur de jeunes modèles féminins (ce que Richardson a nié).

Se plaindre de la sexualisation des femmes dans des magazines pour hommes c’est comme se plaindre du temps auprès de Méteo France.

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l’amour est déclaré

C’est le livre de Nicolas Rey qu’une copine m’a passé. Elle voulait savoir ce que j’allais en dire, moi qui aime les romans d’amour. Mais quelle idée!

Mes amis, je vous présente le Rey. Ce qu’il y a de formidable chez le Rey, c’est qu’on s’attache. Physiquement, on ne peut pas dire que ce soit totalement ça mais on s’attache. Artistiquement, son oeuvre n’est pas fondamentale à la survie de l’espèce mais on s’attache. Intellectuellement, il suffit de passer trente minutes avec ses parents pour comprendre les limites de notre homme à la hanche en céramique. Et pourtant, c’est plus fort que nous, avec le Rey, on s’attache.

Ben non. On ne s’attache pas. On s’en fout de ce mec qui a pris de la coke, qui avait ses entrées aux Bains, qui sortait avec des belles filles, qui est devenu alcoolique, qui a tout perdu, sauf les potes célèbres et qui a gagné une amoureuse, fille d’un acteur célèbre. On ne s’attache pas à un mec qui parle des sodomies pratiquées sur son amoureuse, du nombre de fois dans la journée, et du reste. Je pourrais citer des passages beaucoup plus crûs mais je n’ai pas envie que cet article reçoive plus de visiteurs que d’habitude guidés par un algorythme googlien. On ne s’attache pas à un mec qui, parce qu’il se croit amoureux, en fait un livre dégoulinant de fausse provocation.

Parce que ce n’est pas en employant des mots comme "sucer", "bite" et "mouiller" qu’on est un bon auteur. Ce n’est pas en la jouant pseudo intello bobo qu’on devient Woody Allen. Ce n’est pas en écrivant à tout bout de page qu’on est amoureux, qu’on parle bien de l’amour. A croire qu’il cherche à s’en convaincre lui même. "J’ai une amoureuse qui me laisse lui faire ce que je veux et qui est jeune et qui est libérée, faut que j’écrive un livre sur ça! C’est porteur l’amour!"

Il est des femmes qui ont inspiré des chansons magnifiques et touchantes, des beaux romans émouvants ou plus érotiques. Il est des muses que l’on voudrait connaître ou même être tant l’amour ou la passion qu’elles provoquent est rendu beau sur le papier. Et il est des femmes qui inspirent des livres vulgaires, bêtes et sans aucun style. Et on se dit que la vie n’est pas si injuste…

l’Inde et ailleurs…

Des centaines d’hommes accusés de violence sexuelle envers les femmes, dont plus de 30 accusés de viol, ont été autorisées à se présenter aux élections indiennes au cours des cinq dernières années. Un rapport révèle que des dizaines d’hommes confrontés à des enquêtes criminelles pour "voies de fait", "attentat à la pudeur sur une femme" et autres charges, ont été sélectionnés par les principaux partis pour faire campagne pour des sièges à l’Assemblée Nationale. Les chiffres ont été publiés à Delhi par l’Association pour la réforme démocratique, et sont fondés sur les dossiers des tribunaux et des déclarations électorales déposées par les candidats.

Un soir, il y a deux semaines, une jeune étudiante a quitté un bar et a été prise à partie par une bande d’au moins 18 hommes. Ils l’ont traînée dans la rue par les cheveux, tenté d’arracher ses vêtements et ont souri aux caméras qui filmaient tout cela. Il était environ 21h30 dans l’une des rues les plus fréquentées de Guwahati dans un chaos constant de klaxons.

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de quoi j’me mêle?

Gérard Depardieu est parti "s’exiler" en Belgique pour payer moins d’impôts. Le geste est égoiste, stupide voire pathétique. Mais de quoi se mêle l’acteur-citoyen auto-proclamé défenseur de la culture française Philippe Torreton? Sa lettre ouverte à Depardieu via Libé est d’un pathos ridicule:

On va se démerder sans toi pour faire de ce pays un territoire où l’on peut encore, malgré la crise, se soigner correctement, où l’on peut accéder à la culture quelle que soit sa fortune, où l’on peut faire des films et monter des spectacles grâce à des subventions obtenues en prélevant l’impôt… Un pays que tu quittes au moment où l’on a besoin de toutes les forces, en plein siège d’Arras, sous les yeux des cadets médusés… Adieu.

Un long texte plein de mauvaise foi et de contradictions parce que la seule chose que l’on ne puisse pas reprocher à Depardieu est son manque de sincérité. Même dans le mauvais rôle de sa vie il n’a jamais prétendu être un autre. Il est lui-même, sympathique ou antipathique mais il est lui-même. Et parce qu’avant de s’attaquer à Depardieu dont on connait depuis bien longtemps les amitiés ambigües, les dérapages incontrolés, les ratés et les réussites, il y a plein de gens comme la famille Mulliez (Auchan et Decathlon), Bernard Arnault, et tous les autres industriels, sportifs, artistes qui préfèrent l’air monegasque, belge ou suisse.

Je préfère mille fois la phrase du formidable Philippe Geluck: La Belgique ne peut pas accueillir toute la richesse du monde